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Wednesday, January 13, 2010

Une fatwa contre l'excision

January 13, 2010

By RFI

Sous l’impulsion du Forum de la pensée islamique et du dialogue entre les cultures, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, une trentaine d’oulémas ont débattu du 11 au 12 janvier 2010 à Nouakchott du thème des mutilations génitales féminines. Très nuisible à la santé, l'excision est une pratique courante dans une vingtaine de pays africains, et notamment en Mauritanie.

A l’unanimité, ces leaders religieux ont décidé de lancer une fatwa, un décret religieux, contre la pratique de l’excision. Le docteur Cheikh ould Zein, secrétaire général du Forum de la pensée islamique, explique les raisons qui les ont conduits à cette décision :

« Les points essentiels sur lesquels il convient de s’interroger : est-ce que vraiment, il y a dans le Coran des textes très clairs qui demandent cette chose-là ? Ils n’existent pas. Cette pratique relève de la tradition plus que d’affaires religieuses. L’autre aspect du raisonnement, c’est que notre islam est contre tout acte qui a des répercussions sur la santé. De ce fait, aujourd’hui, les médecins de la Mauritanie sont unanimes : cette pratique là porte atteinte à la vie humaine. Elle n’est pas une obligation, elle est néfaste pour la santé. Il est très clair que notre islam est contre ».

Cheikh ould Zein est convaincu que cette fatwa sera d’un grand poids pour la lutte contre l’excision en Mauritanie. « C’était un grand pas en avant qui a été franchi aujourd’hui. L’excision féminine était un tabou. Dès aujourd’hui, des imams, des oulémas vont parler de cela dans leur mosquée et dans leur mahadra. Partout, tous les gens qui combattent pour la société doivent prendre cette fatwa là pour convaincre les autres et dire que l’excision féminine n’est plus acceptée en Mauritanie. Ce sont oulémas qui ont dit ça, ouvertement et sans équivoque ».

Pour l’érudit Baba ould Mata, accélérer l’abandon de l’excision nécessite aussi de faciliter la reconversion économique des femmes qui la pratiquent et touchent aujourd’hui 25 euros par opération.